TF1 ACQUIERT UN TIERS DU CAPITAL D’AB GROUPE

TF1, le leader de la télévision en clair française, a déclaré, mardi 5 décembre 2006, avoir pris une participation de 33,5% dans AB Groupe, l’entreprise de droits audiovisuels et de chaînes de télévision dirigée par Claude Berda. Ainsi, pour constituer la minorité de blocage (un tiers du capital) dans AB Groupe, TF1 devra investir 230 millions d’euros.

Afin de rassurer les pouvoirs publics, notamment le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), TF1 a assuré qu’elle n’interviendra pas, du moins pour le moment, dans les affaires quotidiennes de l’entreprise, son action se limitant au plan économique.
De plus, Claude Berda a tenu à réaffirmer : « je reste président de mon groupe. L’état-major d’AB reste inchangé et TF1 n’a aucun droit de préemption. Ce qui signifie que nul ne peut m’obliger à vendre à aucun moment que ce soit ».

Selon le communiqué de presse, cette opération de rachat « illustre la stratégie de TF1 de se renforcer dans ses métiers d’édition et de diffusion de contenus ». En effet, cela renforcera sa présence sur la TNT via les chaînes NT1 en gratuit et AB1 en payant. De plus, AB Groupe édite des chaînes payantes comme RT9, détenue à 65%.

Il est ici nécessaire de rappeler qu’il est interdit à un même opérateur de contrôler majoritairement plusieurs chaînes hertziennes. De plus, au titre de la fusion entre Canal + et TPS, le nouvel ensemble doit garantir une proportion de chaînes indépendantes, c’est-à-dire non affiliées majoritairement à un actionnaire du nouvel ensemble.
C’est ainsi qu’après l’annonce de l’entrée de TF1 dans AB Groupe, NRJ Group a déclaré que cette opération « illustre la difficulté de surmonter le défi du pluralisme et de l’indépendance dans l’audiovisuel en France ». Selon lui, « les droits audiovisuels sont “verrouillés” par les opérateurs historiques, le marché publicitaire “est contrôlé à plus de 80%” par ces mêmes opérateurs et “le cadre législatif et règlementaire est mis au service de la préservation et du renforcement de l’oligopole”.

En effet, suite au projet de loi sur la télévision future, un texte a été adopté par le Sénat fin novembre dernier, afin d’attribuer un canal bonus aux chaînes privées TF1, M6 et Canal +, pour compenser le passage au numérique qui devrait s’achever fin novembre 2011.

Sources :

http://www.lemonde.fr
http://www.lefigaro.fr
http://www.nouvelobs.com

Clarisse PORTET