OFFENSE AU CHEF DE L’ETAT : UN PATRON DE PRESSE ARRETE

A la suite de la publication dans le quotidien L’Exclusif d’un article titré: « Sorties tardives au Palais : les escapades nocturnes du Président Wade » relatant les « virées » du président de la République et de son chef de cabinet, le directeur de publication du quotidien L’Exclusif est arrêté à la place de l’auteur de l’article qui est en fuite depuis le 8 octobre.

Les conditions de son arrestation furent démesurées : après un guet-apens tendu par des agents de la Division des investigations criminelles (DIC), Moussa Guèye a été frappé, arrêté et conduit vers une destination inconnue.

Déféré au parquet une semaine après son arrestation, il a été entendu par un juge d’instruction et inculpé, conformément aux réquisitions du procureur, en vertu des articles 80, 254, 255 et 270 du code pénal, relatifs à la “diffusion de fausses nouvelles”, à l’”offense au chef de l’État” et au “trouble à l’ordre public”.

Cet événement qui s’ajoute à la liste déjà longue des incidents de ce genre a été déploré par bon nombre d’organismes du secteur. En effet, depuis l’interpellation, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), Reporters sans frontière (Rsf) et des associations de défense des droits de l’homme, comme la Rencontre africaine des droits de l’homme (Raddho), sont montés au créneau pour dénoncer la méthode de la Police dans cette affaire.

Et pourtant le Sénégal se prétend un des pays les plus démocratiques de l’Afrique. De plus le gouvernement rappelle régulièrement son attachement à la liberté de la presse. Le président Abdoulaye Wade s’est même défendu publiquement de vouloir contrôler la presse : « Vous pensez bien que j’ai les moyens de contrôler (…), mais je ne le ferai pas, je n’ai pas envie de le faire. (…) Je ne veux pas d’une presse à la solde », a-t-il affirmé.

Ce discours ne colle pas beaucoup à la réalité. Depuis que ce pouvoir est en place on note le recul de la liberté d’expression en général et du droit de la presse en particulier au Sénégal. Journalistes, écrivains, hommes politiques ou même simple citoyens subissent intimidations, agressions, emprisonnements, accusations de toutes sortes dès que leur propos déplait aux maîtres du pays. Il n’est donc pratiquement pas possible de critiquer le pouvoir en place.

Peut-on alors vraiment parler de démocratie?
Sources

RSF

NDIAYE Ndèye