OPERA UNITE : UN PIED DE NEZ POUR HADOPI ?

Opéra Unite est une nouvelle technologie basée sur le client-serveur, en utilisant le système de Cloud computing (c’est à dire l’utilisation des capacités de calcul de votre PC pour effectuer des calculs en réseau. Le tout avec des applications web).
Chaque ordinateur connecté au web devient lui-même un client serveur. Chaque PC devient un maillon de la toile ou d’internet.
Opéra Unite rend plus facile le partage des données, tout en maintenant la garantie de conserver le contrôle des données privées.
Il utilise les standards du web pour son développement de la même façon que n’importe quel site internet, ce qui permet de créer des services web aussi simplement qu’une page web classique.
Opéra Unite permet le partage de fichiers, sans avoir à les télécharger sur un site de partage. L’utilisateur n’a qu’à indiquer le dossier ou se trouve le ou les fichiers, le logiciel va fournir un lien par lequel les utilisateurs vont pouvoir accéder au dossier partagé.  Le logiciel permet également de faire d’un PC un serveur web, sur lequel pourront être visités des sites internet complets. Autre possibilité, faire d’un PC, un media Player, un partage de photo, un service de chat.
L’ordinateur devient un service partagé pour tous les utilisateurs du service. Le principe, quel que soit le type de service, est de donner le chemin vers le dossier contenant les fichiers à partager, Opéra Unite attribue une adresse internet directement accessible aux autres membres. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un serveur local, mais rendu public via le web.
La majorité de la communauté informatique accueille avec engouement ce nouveau service. “Opéra innove encore une fois ! Ce service est tout simplement génial”, “Opéra innove (encore)”.
Emballé, le bloggeur Danny O’Brien, repris par Boing Boing, avance l’idée qu’Opéra Unite est un bon moyen pour contourner tous les blocages d’État. Il cite l’exemple des “manifestants iraniens à la recherche d’un serveur proxy pour contourner le blocage de l’Iran”.
Passés les premières marques d’enthousiasmes, l’esprit critique pointe son nez.  En effet, hormis les options proposées (partage de fichiers, media Player, mise en ligne de photo, chat, etc.), on ne retrouve “dans l’absolu, aucun service révolutionnaire” expose 20minutes.fr, notamment.
Il en est de même sur le blog Upnhot, Nicolas Rimbeau signe un “Comment Opéra Unite ne va pas révolutionner Internet”. L’ingénieur informatique critique l’absence de nouveautés du service mais surtout l’intérêt du serveur web pour l’internaute : “Quel utilisateur lambda aurait besoin de ça ?”. Opéra Unite “n’apporte pas grand-chose de neuf…”, termine le bloggeur.
Reste qu’Opéra Unite n’est pas sans poser de nombreuses questions. En premier lieu, sur les droits d’auteurs. “Ce partage débridé des données, sans limite théorique et sans réglementation, risque d’attirer les foudres des gouvernements lancés dans la lutte contre le piratage”, s’interroge PC Impact.
De plus pour le moment il n’y a pas de codage intégré à Opéra Unite. Interrogée pour savoir si la plate-forme peut être utilisée par quelqu’un pour accéder à l’ensemble des données du PC hébergeur, la porte-parole d’opéra répond : « Assurément non… sauf si c’est un hacker »
L’idée de l’ordinateur transformé en hébergeur web suppose également de laisser son ordinateur allumé 24h/24, 7 jours sur 7, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’environnement et plus concrètement sur nos factures.
Concernant ses conditions d’utilisation, il est important de noter qu’en important du contenu sur le site d’Opéra, vous accordez à Opéra une licence d’utilisation illimitée, gratuite, mondiale et irrévocable, ce qui est totalement abusif et qui constitue une vraie dérive.
À l’heure où les différents gouvernements, notamment en France avec Hadopi, affichent leur lutte contre le partage sauvage de fichiers (qui comprend indéniablement des fichiers illégaux), Opéra Unite vient balayer d’un revers de la main toutes les mesures prises pour contrer le P2P. Il ne le remplace toutefois pas, tant les espaces privés priment sur les partages publics, mais le renouveau du partage de fichiers semble bien passer par ce système lancé par Opéra.
Il nous reste à décider ce que l’on souhaite, un contrôle accru du gouvernement ou un partage sans limite des données,  qui peut engendrer des dérives comme celle d’accorder une licence illimité et irrévocable à opéra ; dans tous les cas Big brother n’a jamais été si proche…

Sources :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20090617.OBS0920/premieres-critiques-sur-la-revolution-opera-unite.html
http://www.boingboing.net/2009/06/16/lazyweb-turn-the-new.html
http://www.wildwildweb.fr/2009/06/16/opera-innove-encore/
http://www.20minutes.fr/article/332893/High-Tech-La-revolution-Opera-Unite-un-serveur-dans-le-navigateur.php

Lionel LEBLANC